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Parler quatre langues couramment : quand le français devient le socle du plurilinguisme

 

 

 

À 26 ans, Eléonore parle couramment quatre langues : le français, l’anglais, l’espagnol et le russe. Un parcours impressionnant, mais loin d’être le fruit du hasard.

 

Derrière cette aisance linguistique se cache une histoire faite de mobilité internationale, d’immersion culturelle… et d’un lien très fort avec sa langue maternelle, le français.

Grandir entre plusieurs pays et plusieurs langues

Eléonore n’a pas grandi dans un seul pays. Enfant, elle suit ses parents expatriés pour des raisons professionnelles, d’abord en Espagne, puis au Chili.

 

Très tôt, elle est plongée dans des environnements linguistiques différents, où l’adaptation passe par la langue, mais aussi par la culture et les codes sociaux. « Quand on vit à l’étranger, on n’apprend pas une langue comme à l’école. On l’apprend parce qu’on en a besoin pour vivre, se faire des amis, comprendre ce qui nous entoure ».

 

L’espagnol devient rapidement une langue du quotidien, utilisée de façon naturelle, à l’oral. L’anglais, très présent dans son parcours scolaire, s’installe lui aussi progressivement.

Le français, langue d’ancrage et de structuration

Malgré ces immersions successives, Eléonore a toujours conservé un lien très fort avec le français. C’est sa langue de référence, celle dans laquelle elle pense, analyse et structure ses idées.

 

Un élément a joué un rôle déterminant : la lecture. « J’ai toujours beaucoup lu en français, aussi bien de la littérature que la presse à partir du lycée. Même quand je vivais à l’étranger, c’était un repère important pour moi ». Cette exposition régulière à un français riche et varié lui a permis de développer un vocabulaire étendu, une sensibilité aux nuances et une grande précision d’expression. Des compétences qui, par la suite, se sont révélées bénéfiques pour l’apprentissage d’autres langues.

Maitriser le français pour apprendre de nouvelles langues

Les recherches en linguistique confirment ce que le parcours d’Eléonore illustre très concrètement : la lecture en langue maternelle développe la compréhension, la capacité à faire des parallèles et la structuration de la pensée.

Ces compétences cognitives ne sont pas propres à une seule langue ; elles servent ensuite de base pour en apprendre d’autres. « Quand j’apprenais une nouvelle langue, j’avais déjà des réflexes : chercher le sens précis d’un mot, comprendre le registre, faire attention aux nuances. Tout ça, je l’avais développé en français ».

 

Après le baccalauréat, Eléonore intègre une prépa littéraire réputée à Paris et poursuit ses études à l’ISIT, école de référence en traduction et interprétation. Elle y approfondit ses langues étrangères, mais aussi et surtout son français. « À l’ISIT, on nous répétait que notre première langue de travail restait le français. Être précis, rigoureux, capable de reformuler finement, c’était essentiel». Elle poursuit ensuite par des études de russe à l’INALCO, attirée par la richesse et la complexité de cette langue. Elle part d’ailleurs vivre quelques mois en Russie convaincue que l’immersion reste la meilleure solution pour parler une langue.

Le parcours d’Eléonore montre que l’immersion est un accélérateur formidable, mais qu’elle est d’autant plus efficace lorsqu’elle s’appuie sur des bases déjà construites : capacité à analyser, à comparer, à reformuler. Si Eléonore parle aujourd’hui plusieurs langues couramment, c’est parce qu’elle a développé une relation riche et active à la langue, notamment par la lecture, l’écoute et la curiosité intellectuelle.

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