Laeticia de Belloy, cofondatrice de Go&Study, accompagne depuis dix ans des lycéens et collégiens dans leurs projets d'études internationales.
Franco-américaine, elle a fait ses études aux États-Unis et travaillé dans des entreprises internationales.
Elle répond à nos questions sur les bénéfices concrets d'une immersion scolaire à l'étranger.
Pourquoi les collégiens ou lycéens choisissent-ils de faire une année scolaire à l'étranger ?
Les motivations varient selon l'âge.
Au lycée, c'est souvent une vraie demande de l'élève : envie de voir autre chose, de découvrir de nouvelles méthodes de travail, de sortir d'un système français vécu comme trop pressurisant.
Au collège, c'est davantage les parents qui proposent. Certains partent aussi après un redoublement, pour prendre un nouveau départ. Une fois qu'ils y ont goûté, ils veulent généralement y retourner.
Quels sont les bénéfices scolaires ?
L'immersion totale est ce qui fait la différence sur le niveau de linguistique.
Les élèves pratiquent l'anglais à l'écrit et à l'oral au quotidien, ce qui est indispensable pour les études supérieures. Ils découvrent aussi une pédagogie radicalement différente : moins de pression, retours positifs, valorisation de l'élève.
Le contact avec des étudiants de toutes nationalités les prépare au travail en groupe multiculturel, au système de classe inversée, à l'autonomie dans le travail personnel.
Ces expériences renforcent leur dossier de candidature via la section "International Exposure", prise très au sérieux par les universités étrangères.
Quels sont les bénéfices personnels ?
Confiance en soi, autonomie, capacité d'adaptation, ouverture d'esprit, maturité. Ils apprennent à gérer leur quotidien seuls (linge, repas, transports), à évoluer dans un environnement multiculturel, à comprendre des modes de fonctionnement très différents du leur. C'est une première expérience qu'ils continueront à développer lors de leurs années de Bachelor ou Master à l'étranger.
Les élèves sont beaucoup plus mis en avant par les adultes, enseignants et encadrants, et les retours sont plus souvent positifs. Quelque chose de négatif est souvent tourné en positif. Les élèves gagnent donc en confiance en eux.
Certains, partis réticents, ne veulent plus rentrer en France !
Quel impact sur l'orientation et les projets d'avenir ?
L’impact est double : une année de scolarité en internat anglais prépare concrètement une poursuite d'études à l'étranger, et ouvre également des horizons inattendus.
Par exemple, une envie d’aller étudier à l’étranger alors que le lycéen se projetait uniquement en France ou s’orienter vers une filière jamais envisagée jusque-là.
L'expérience peut aussi servir de plan B solide face aux surprises Parcoursup, à condition d'avoir préparé les dossiers à l'étranger en amont.
Il faut surtout partir pour les bonnes raisons : valoriser son profil international, accéder à un marché du travail dynamique, pour la qualité de l'enseignement dispensé, et développer la maturité et l'indépendance et non pour apprendre l'anglais, quitter la maison, voir du pays, ...
En quoi l'immersion change-t-elle radicalement le niveau d'anglais ?
L’immersion change radicalement le niveau d’anglais parce que c'est la seule méthode qui fonctionne vraiment : immersion totale, pratique quotidienne à l'écrit et à l'oral, avec des anglophones (et non des Français entre eux comme en Erasmus).
Dès 3-4 jours d'immersion réelle, les blocages tombent. Une année est nettement plus efficace qu'un trimestre, lui-même plus efficace qu'un mois de juin, qui ne représente qu’une très courte période.
Une précision importante : l'immersion améliore considérablement l'aisance, mais ne remplace pas le bachotage spécifique aux certifications type IELTS/TOEFL, qui ont leurs propres codes à apprendre. C’est pour cela que les écoles anglaises proposent des cours d’anglais dédiées à la préparation de l’IELTS et du Cambridge.
Que font les élèves à leur retour ?
En termes de niveau de langue, l’année de césure est un atout décisif quel que soit le parcours choisi ensuite, en France ou à l'étranger. Pour les candidatures à l'étranger en Bachelor ou Master, le niveau de langue n'est pas un sujet de distinction mais un pré-requis.
Pour ceux qui visent des études supérieures à l'international, une expérience de scolarité à l’étranger, au collège ou au lycée, renforce leur dossier : l'essentiel est de se différencier pour avoir un profil attrayant.
Pour les jeunes partis étudier en Bachelor étranger, certains veulent revenir en France et candidatent en admission parallèle dans les grandes écoles françaises (ESSEC, ESCP, EDHEC, HEC, …), avec un double diplôme à la clé.
Et une partie ne rentre tout simplement pas.

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